Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /Août /2010 08:00

Parkings, studios, manoirs… Chaque année, près d’un millier de biens sont vendus « à la bougie ».

 

"Dernier feu… Eteint. Adjugé !" Chaque mardi, à la chambre des notaires de Paris, place du Châtelet, se déroule une scène peu commune. Dans une salle de plus en plus souvent comble, où se mêlent particuliers et investisseurs, des biens immobiliers sont vendus aux enchères. Ce jour-là, un 2-pièces de 51 m2 dans le XVIe arrondissement est mis à prix 335 000 €. « 335 000… 340 000 au fond ! 345 000 ici ! » L’appartement partira finalement à 435 000 €.

Ici, point de marteau. Les ventes notariales s’effectuent selon un rite ancien dit « à la bougie ». Lorsque plus personne ne surenchérit, le notaire qui préside la séance demande qu’une mèche soit allumée, un « premier feu » qui, aussitôt éteint, une poignée de secondes plus tard, est remplacé par un deuxième. C’est quand le troisième et « dernier feu » meurt, sans nouvelle surenchère, que le bien est adjugé.

Les bonnes affaires se font rares : en règle générale, les transactions s’effectuent au prix du marché. Le procédé séduit néanmoins les vendeurs soucieux de transparence, comme les collectivités, puisque seul le prix à payer départage les prétendants. En outre, la transaction est rapide. Elle est définitive dès l’adjudication, sans délai de rétractation. D’où la nécessité pour les acquéreurs potentiels de prendre leurs précautions et de prévoir à l’avance le financement. Ils ne disposeront que de quarante-cinq jours pour payer leur dû. Afin d’éviter les imbroglios, un protocole s’impose avant la séance : dépôt d’un chèque de consignation égal à 10% de la mise à prix et signature d’une « autorisation d’enchérir ». Si les ventes sont ouvertes à tous, seuls ceux qui ont accompli ces démarches sont autorisés à lever la main. Près d’un millier de biens s’échangent ainsi chaque année – parkings, duplex, et même manoirs… Ce mardi, celui de Daubeuf, près de Deauville, 697m2 de surface habitable, a trouvé preneur pour la bagatelle de 2 510 000 €. ●

Audrey Minart

Article en pdf - L'Express 2- 25 août 2010 Article en pdf - L'Express 2- 25 août 2010

Par Audrey
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