Contre vents et marées
journalistiques
L'association de défense des droits de l'homme critique l'utilisation des armes électriques de type Taser.
L'association recense à ce jour 334 morts des suites de l'usage du pistolet pourtant jugé non létal et émet des recommandations plus strictes. L'intérêt de cette arme est de limiter le potentiel meurtrier des interventions policières en évitant de recourir aux armes à feu. En effet, ce pistolet projette deux fléchettes qui provoque des décharges électriques durant cinq secondes. Utilisée à bout touchant, l'arme provoque une paralysie temporaire. Amnesty s'inquiète de sa prolifération, alors qu'à ce jour encore peu d'études scientifiques indépendantes ont été menées. Dans le cas français, 2.000 ont été distribuées à la police et 2.500 à la gendarmerie. Néanmoins, l'association regrette le manque de données et demande une plus grande transparence de la part du ministère de l'Intérieur.
Complications cardiaques
Le rapport détaille une centaine de cas de personnes décédées après avoir été touchées. Taser affirme que l'arme n'est dangereuse que si le sujet est sous l'empire de l'alcool ou de la drogue. Ce rapport démontre cependant que la plupart des victimes présentaient un taux de substances stupéfiantes trop faible pour entraîner la mort, quand il n'était pas nul. Les décharges conduiraient à une arythmie ventriculaire (accélération du rythme cardiaque) et à un stress démesuré entraînant des complications cardiaques, notamment chez les personnes atteintes de pathologies neurologiques. Enfin, l'usage de l'arme faite par les policiers est critiqué par l'association, qui recommande une meilleure formation. Il semblerait que le caractère supposé non létal de l'arme amène à une utilisation qu'Amnesty considère comme excessive et systématique. Taser France accuse Amnesty International de procéder à un « jeu médiatico-sémantique » depuis la mort en images de l'immigrant polonais Robert Dziekanski, à Vancouver en octobre 2007, et affirme que la question n'est pas de savoir si des personnes sont mortes après avoir été touchées, mais si le Taser en est la cause. Le débat semble loin d'être terminé.
Audrey Minart
Paru dans l'édition du 17 décembre 2009 du journal France Soir